Vous venez d'hériter d'une maison ou d'un appartement, seul ou avec d'autres héritiers. La question de la vente se pose rapidement — mais entre les droits de succession à régler, l'indivision familiale à gérer, les obligations légales à respecter et la fiscalité de la revente, le chemin peut sembler complexe. Voici le guide pas à pas pour vendre sereinement un bien hérité en Wallonie en 2026.
Avant de pouvoir vendre un bien immobilier hérité, les héritiers doivent obligatoirement déposer une déclaration de succession auprès du bureau de sécurité juridique compétent du SPF Finances. C'est sur la base de cette déclaration que les droits de succession sont calculés et que la succession est officiellement réglée.
Le délai légal est de 4 mois à partir du décès si celui-ci s'est produit en Belgique (5 mois si dans un autre pays de l'UE, 6 mois hors UE). En cas de retard, une amende de 25 € par mois de retard par héritier est appliquée — modeste, mais le retard peut surtout bloquer la suite des démarches.
La déclaration inclut un inventaire complet des biens et dettes du défunt. En raison de la complexité des règles fiscales et civiles, il est fortement conseillé de confier cette démarche à un notaire. Le notaire est aussi l'interlocuteur indispensable pour l'organisation du partage successoral et la vente ultérieure.
Les droits de succession sont calculés sur la valeur vénale nette du bien au jour du décès — c'est-à-dire le prix auquel il pourrait raisonnablement être vendu sur le marché, déduction faite des dettes éventuellement attachées au bien (crédit hypothécaire restant dû par exemple).
En Wallonie, les droits de succession varient en fonction du lien de parenté avec le défunt et de la valeur de la part héritée. Plus on est proche du défunt, moins les taux sont élevés. Chaque héritier est taxé individuellement sur la part qu'il reçoit.
En Wallonie, le logement familial (résidence principale du défunt et de son conjoint ou cohabitant légal depuis au moins 5 ans) bénéficie d'un régime de faveur : le taux démarre à 0 % jusqu'à 160 000 € de valeur nette pour le conjoint ou cohabitant légal survivant. Pour la plupart des couples possédant un logement de valeur moyenne, cela équivaut à une exonération quasi-totale des droits de succession sur le logement familial.
Pour les héritiers en ligne directe (enfants), un taux réduit s'applique également sur le logement familial, sous les mêmes conditions de résidence principale.
| Part héritée nette par héritier | Taux applicable (ligne directe) |
|---|---|
| Jusqu'à 12 500 € | 3 % |
| De 12 500 à 25 000 € | 4 % |
| De 25 000 à 50 000 € | 5 % |
| De 50 000 à 100 000 € | 7 % |
| De 100 000 à 150 000 € | 10 % |
| De 150 000 à 200 000 € | 14 % |
| Au-delà de 200 000 € | 18 à 30 % |
Pour les héritiers en ligne collatérale (frères, sœurs, neveux, nièces) ou sans lien de parenté, les taux sont significativement plus élevés — jusqu'à 65 à 80 % pour les personnes sans lien de parenté dans les tranches supérieures. C'est dans ces situations que la planification successorale préalable (donations, testament) prend tout son sens.
Lorsqu'il y a plusieurs héritiers, le bien hérité se retrouve automatiquement en indivision successorale : tous les héritiers en deviennent copropriétaires selon leurs quotes-parts respectives. Cette situation appelle une décision collective sur le sort du bien.
Si les héritiers ne s'entendent pas sur le sort du bien, l'un d'eux peut demander le partage judiciaire. Un notaire est alors désigné par le tribunal pour organiser le partage. Cette procédure est longue, coûteuse et aboutit souvent à une vente judiciaire du bien à un prix inférieur au marché. Elle est à éviter autant que possible — la médiation notariale ou un accord amiable reste toujours préférable.
« Dans une vente successorale, le consensus entre héritiers est la condition du succès. Un bien vendu dans l'accord vaut toujours plus qu'un bien vendu dans le conflit. »
La vente d'un bien immobilier hérité suit les mêmes obligations légales que toute autre vente immobilière en Belgique. Les héritiers doivent réunir l'ensemble du dossier de vente avant la mise en commercialisation :
C'est souvent la question qui préoccupe le plus les héritiers vendeurs. La réponse est rassurante dans la grande majorité des cas.
En Belgique, les particuliers qui vendent un bien immobilier ne sont pas soumis à une taxe sur la plus-value — contrairement à de nombreux pays voisins. Cette règle s'applique également aux biens hérités, à condition que la vente soit réalisée dans un cadre privé et non dans le cadre d'une activité professionnelle.
Il existe cependant un cas où une taxation peut s'appliquer : si le bien hérité est un terrain à bâtir et qu'il est revendu dans les 8 ans suivant l'acquisition par succession, la plus-value réalisée est taxée à 33 %. Pour un bien bâti (maison ou appartement), cette règle ne s'applique pas dans le cadre d'une succession normale.
Dans tous les cas, la valeur de référence pour calculer une éventuelle plus-value est la valeur vénale déclarée dans la succession — et non le prix d'achat initial par le défunt. Si le bien a été correctement estimé dans la déclaration de succession, la plus-value réelle lors de la revente sera souvent nulle ou très limitée.
Si le bien hérité est un logement neuf (moins de 2 ans ou ayant fait l'objet d'une rénovation lourde) et que la vente est réalisée rapidement, une TVA à 21 % peut s'appliquer. Ce cas reste rare dans les successions classiques, mais mérite vérification auprès du notaire.
Lorsque le défunt était marié ou cohabitait légalement, le conjoint survivant dispose souvent d'un droit d'usufruit sur le logement familial. Les enfants héritent alors de la nue-propriété, tandis que le survivant conserve le droit d'habiter le bien ou d'en percevoir les loyers.
Cette configuration rend la vente plus complexe : elle nécessite l'accord des deux parties (usufruitier et nus-propriétaires), et le produit de la vente est réparti selon des règles actuarielles tenant compte de l'âge de l'usufruitier. Le notaire est l'interlocuteur indispensable pour organiser cette vente dans le respect des droits de chacun.
Chez Estate & Value, nous accompagnons régulièrement des familles qui doivent gérer la vente d'un bien immobilier dans le cadre d'une succession. Notre connaissance du marché local — de Spa à Verviers, du Plateau de Herve jusqu'aux Ardennes — nous permet de vous proposer une estimation juste et un accompagnement adapté à la sensibilité particulière de ces situations.
Owning a home is a keystone of wealth… both financial affluence and emotional security.
Suze Orman